Les Petits Carnets de Véronique

10 août 2017

Sites d'artistes que j'apprécie

https://yanmarczewski.carbonmade.com/

http://www.marie-helene-brandt.com/

http://www.sylvie-sarrazin.com/fr/index.html

http://www.galeriew.com/artistes/pierre-alex

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08 août 2017

Le piano sur la touche

 

 

 

 

Le piano sur la touche

 

 

 

 

Ce jour-là, on n’oublia rien, tout avait été minutieusement emballé et mis dans des cartons bien scotchés avec l’objet du contenu écrit avec un gros feutre noir, puis méthodiquement numérotés. A l’intérieur des colis tout était entouré de papier journal, bien protégé de chocs éventuels, tout jusqu’à la petite cuillère et même le dé à coudre et l’aiguille qui avait été retrouvée dans la « botte de sept lieues » qui avait atterri un beau jour dans le jardin, on avait bien essayé, à l’époque d’appeler le Petit poucet, on s’était époumoné des heures durant, puis on avait décidé qu’il était assez petit pour tenir tout entier dans une seule botte.

Le camion avec les déménageurs arriva et des centaines de caisses et de cartons y prirent place avec le mobilier bien enturbanné de couvertures, pour un long trajet.

On fit encore une fois le tour des pièces pour être sûr de ne rien oublier, on passa et repassa devant lui, et on n’y prêta pas attention ; on avait tellement l’habitude de sa présence qu’il faisait plus, pour ainsi dire partie des murs que des meubles…

Et il resta tout seul, une fois qu’une à une toutes les portes se furent refermées sur lui.

La pièce était vide, terriblement vide. Au début, il pensa à une plaisanterie, puis le temps passant, quand pas l’ombre d’une seule main ne vint courir sur son clavier, il comprit qu’il avait vraiment été oublié.

C’est alors, que pour combler sa solitude, il commença à exécuter quelques accords sourds et douloureux comme une plainte. Puis, pour se tenir compagnie, il émettait des mélodies de plus en plus longues, et les soirs de grand désespoir, il se jouait des sonates au clair de lune ; parfois certains matins, il se réveillait de si méchante humeur qu’il jouait comme un sourd le « concerto No 2 de Rachmaninov des heures durant.

Il essayait en vain de se souvenir de ces quelques notes jouées maladroitement de « la ronde des petits amis », un de ces premiers morceaux appris si souvent répété.

Le chat du voisin attiré par ces étranges sons, se faufila dans la maison par un soupirail, passa les portes et le découvrit dans la grande pièce où il trônait.

Chaque jour, il venait ainsi rôder, puis enhardi par l’immobilité de ce locataire, il sauta sur le clavier, se promena en se pavanant sur les touches d’ivoire jaunies, et émis des airs incompréhensibles et surtout discordants.

Comme il souffrait d’être à ce point martyrisé par cet animal sournois ! Un jour, à bout de patience, tellement exaspéré par ces visites inopportunes, il fit retomber le couvercle sur les pattes du chat sans-gêne qui détala comme un lapin dans un miaulement strident pour ne plus jamais revenir, en crachant une dernière fois à la face du piano qui avait eu ce sourire triste et jaune.

Après cet incident, il ne pouvait plus jouer les morceaux de Debussy, de Ravel, de Chopin, de Liszt, de Mozart et de bien d’autres ; il essayait de s’en souvenir ainsi que des notes si souvent émises, avec il est vrai, un peu de maladresse, mais avec tant de tendresse. Et il se laissa bercer dans leur doux souvenir.

A plusieurs centaines de kilomètres de là, un petit garçon bien qu’entouré du violoncelle, de l’harmonica, du violon et bientôt aussi d’une flûte, se morfondait et s’ennuyait pourtant fort de son compagnon de jeux, « de game », « de gammes », « play it again, Maestro, please ». Il le réclamait à cor et à cri. On lui faisait comprendre qu’il était si loin maintenant, que sans nul doute il avait été volé ou bien vandalisé ou bien avait été adopté par un nouveau propriétaire.

On lui répétait sans cesse que l’instrument de musique était vieux, qu’il avait fait son temps, et qu’après tout il en aurait bientôt un autre s’il était patient.

L’enfant dans ses rêves entendait toutes les mélodies et les jouait ensuite sur d’autres instruments comme s’il essayait par leur intermédiaire de rendre hommage à son ami si éloigné, et lui dire ainsi à travers les airs dans tous les sens du terme qu’il ne l’oubliait pas.

L’enfant eut raison des hésitations de ses parents, qui devant tant de détermination et de chagrin sincère cédèrent aux demandes maintes fois répétées, bien que cela leur sembla un brin déraisonnable.

Le piano, quant à lui après que son couvercle soit retombé, il ne pouvait plus émettre un son. Il essayait pourtant avec de suprêmes efforts de le relever, mais il n’y parvint pas.

Découragé, il abandonna et se sentit encore plus seul dans le silence étrange de la grande maison où il avait tellement entendu de rires et de chansons. Les toiles d’araignées commencèrent à sceller pour tout jamais cette grande bouche d’où, autrefois, sortaient de si jolies mélodies. Il avait perdu tout espoir. Il en venait presque à regretter son geste malveillant envers le chat, curieux, certes mais pas si méchant comme il s’était plu à le penser, tellement il était dépité.

 Quand soudain, il se sentit soulevé par deux grands gaillards. Harnaché, on lui fit descendre les quelques marches du perron. Puis il reperdit tout espoir dans l’obscurité d’un camion dont on refermait violemment les portières. Il pensait : « on m’emmène à la casse ! » Il voulut crier, chanter des requiems, mais cela ne lui était même pas permis, sa bouche était toujours cousue. Motus !

Mais la casse devait se trouver bien loin, ils roulaient depuis des heures, des noires et des blanches, mais plutôt des rondes…

Ils arrivèrent enfin devant un immeuble de huit étages, et on le hissa par les escaliers jusqu’au dernier.

Et là, son cher petit complice l’attendait impatiemment et s’élança vers lui pour assister à sa délivrance de tous ses harnais et sangles. Il lui flattait les touches, et sous ses chatouillements le piano se mit à rire d’une voix un peu cassée. Mais il suffirait de quelques pots de confitures remplis d’eau et glissés dans ses entrailles pour lui permettre de s’éclaircir la voix. Il entonna les airs les plus gais qu’il connaissait. La fête dura des jours.

Il est vraiment vieux aujourd’hui, bientôt cent ans, le petit a bien grandi, il est même papa, mais le piano repeint en blanc ivoire semble être toujours aussi jeune, parce qu’il sait que maintenant et pour longtemps, pour toujours il entendra des rires d’enfants autour de lui.

 

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 NB j'apprécie beaucoup Sempé

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Mes petits pins des Landes

Mes petits pins des Landes

 

De loin, verticalités graphiques

Erratiques, enracinés dans le sable

Défilant avec effet  stroboscopique

Sur la vitre, insaisissables,

Passer la tête, s’étourdir de ces senteurs

Évoquant les ateliers d’artistes

Inspirant photographes et illustrateurs

 

Hossegor, Cap Breton, Seignosse

Dressés, ici, là, aussi à Biscarosse

Je m’enivre avec ces seigneurs des Landes

Me perdant sous leurs branches sans guirlande

 

Mitraillés, martyrisés, épinglés

Pour ces touristiques clichés

Gros plan sur le pot en terre cuite

Suspendu au tronc écorché

Récoltant de sa blessure la fuite

Un sirop blanchâtre qui suppure

De cette tranchée, de cette découpure

 

Me reviens encore l’odeur forte

De cette ensorcelante et tenace résine

Ces effluves entêtant de térébenthine

Depuis longtemps, toujours me réconforte

 

Je m’irritais du seul sort de l’arbre

Poignardé, saigné à blanc dans sa chair

Exploité par cet adversaire

Pour qu’il se lave, se soigne, colle et écrive

Ou que son archet affûté livre le son clair

 

A peine cicatrise-t-il sous la faille

Que cet échalas retourne à son travail

Et à nouveau de plus belle, l’entaille

Et pendant tout ce temps, ces vacances

Que n’ai-je pensé à l’homme avant la laitance

Dont les mains sûrement bouffies

Les doigts gonflés, rougeauds et violets

La peau sillonnée comme l’écorce flétrie

De rides et de crevasses pour récolter ce lait

Les yeux lavés par les vapeurs acides

Toutes ces souffrances pour ce précieux liquide

 

Je croyais avoir des idées d’anarchiste

Dans ma cage dorée où j’étais cajolée

J’avais quinze ans et avec certaines envolées

J’écrivais une carte postale à ma grand-mère

Mon petit pot de résine de fumiste

Lui envoyer pour lui plaire

Loup où es-tu ?

Derrière l’arbre !

Lequel ?

Le pin !

Il sent bon.

Oui, et j’ai grand faim !...

….fin

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Du blues sous les doigts (17.08.2011)

 

 

L’objet convoité vous appartient, reçu hier pour l’événement annuel. Il est élégant fermé, mais encore plus, examiné et désiré, décapuchonné. L’or travaillé, ciselé, gravé, demande seulement un peu de fluide pour étonner avec son aisance à tracer arabesques et circonvolutions, à ramper sinueusement ou encore mue par une envolée énergique à déchirer le silence sans percer toutefois le papier, à moins qu’une tache se formant, vous y  veniez  fourrager la pointe dans un goût de destruction ou de distraction.

Le liquide bleu brille sur le papier, puis se matifie, et selon la qualité,  sèche en laissant une subliminale odeur un peu âcre et écœurante et pourtant flatte aussi vos sens, réveillant passé et vous projetant sur l’écran de la page blanche un futur, alors que le présent vous semble incertain et que ce dard doré vous ramène à la réalité. Vous attendez souvent sa piqûre qui vous émoustille pour un semblant d’inspiration, mais une fois entre les doigts crispés, les idées filent ailleurs et pas sur le papier qui les convie pourtant du mieux qu’il peut.

Quel dommage ! Et parfois, l’idée est là, le rythme aussi, comme des sportifs qui s’échauffent dans la marge, ils se bousculent sur les lignes, vont si vite sous les doigts que l’encre, muse accessoire, ne travaille point si rapidement, et laisse des espaces qui agacent. Parfois ce n’est qu’à la fin d’une dizaine de lignes que vous découvrez que l’objet chéri ne vous donne pas à lire une aussi belle écriture que vous aviez  imaginée. La plume un peu trop ferme, pleins et déliés peu marqués, déçu, alors la folle idée vous prend d’y remédier en épatant un peu le bec de la plume, d’abord légèrement contre le bloc de papier ou le cahier pour les plus optimistes, et les deux parties de l’embout doré se séparent à regret pour ne plus jamais se réconcilier malgré l’insistance que vous aurez à vouloir les rabibocher, vainement, en retournant cette fois la plume dans l’autre sens en exerçant quelques pressions sur le papier et là votre stylo plume au profil aquilin l’a maintenant camus.

D’énervement, vous secouez l’objet fuselé en bakélite noire et quelques gouttes, au mieux s’étalent sur votre littérature, mais le plus souvent se dispersent grossièrement sur votre chemise claire.

Alors comme un vieil écolier, vos doigts, la pulpe de l’index et le côté du majeur ont pris la teinte bleuâtre des novices et résigné vous placez votre cadeau dans un pot à crayons rejoindre tous les autres de son espèce, cet article souvent de luxe qui a fuit comme toujours dans tous les sens comme votre pensée. 

 

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mes recettes de famille préférées

Veau au bacon

 

 

Pour 6 à 8 personnes :

1 rôti de veau de 1k300 – 1k400 (sois-noix – forme longue et de section ronde

 

1 petit oignon

Sel

Poivre

 

30 tranches de bacon, fines 

1 boîte de purée de tomate (sans ajouts)

1 petite boîte de concentré de tomate

Pincée de sucre

Madère

 

Gruyère râpé

 

Faire cuire la veille au soir le rôti, environ ½ heure par livre

Réchauffer le four 220 – 225  °

Saler, poivrer de tout côté et poser dessus un bon morceau de beurre

Ajouter un petit oignon dans le plat

Quand l’oignon est doré, verser sur le rôti un petit verre d’eau chaude.

Quand il est cuit le laisser refroidir, verser le jus dans un bol.

Mettre ensuite au réfrigérateur le rôti enroulé de papier d’alu et le bol de sauce avec un film étirable.

 

Le lendemain

1 à 2 heures avant que les invités arrivent

 

Sortir le veau et la sauce.

Pendre la gelée que la sauce a formé, mettre de côté la graisse figée.

Découper le rôti, presque jusqu’en bas.

 

Poêler rapidement les tranches de bacon, en s’aidant avec un peu de la graisse de la sauce, réserver.

 

Dans une casserole faire chauffer la purée de tomate, en ajoutant le concentré de tomate avec une pincée de sucre, bien mélanger et ajouter une rasade de madère.

 

Tremper une à une les tranches de bacon dans la sauce tomate et les glisser entre chaque tranches de veau, verser le reste de la sauce dessus le rôti et parsemer de fromage râpé.

 

Le four sera à préchauffer à 175 °

 

A mi-entrée, enfourner le rôti et laisser réchauffer environ ¼ d’heure pour que le fromage fonde bien.

 

Préparer l’accompagnement pendant ce temps, par exemple un riz.

 

 

 

Recette phare de maman qui lui était souvent réclamée puis acclamée.

 

 

 

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