Les petits soldats d’en bas

 

Les vermicelles de la terre m’asticotent

Sans répit, laboureurs de notre futur lit

Ils font croiser le fer avec l’humilité

Quand ils sortent en se dandinant

Tels des spermatozoïdes rampant, sinueux

Passant au travers ce temple de l’humidité

Me rappellent par intermittence ce qu’est la vie

Ils m’accueilleront un jour à cette ultime porte

Et pourtant, j’y pense peu de la sorte

Cette idée de quitter ICI m’insupporte

J’oublie, travaille et me distrais de mille façons

ET tout de même de temps en temps, j’y pense

Depuis ces jours incertains de l’enfance

Mais plus encore que la sinistre fin

Je redoute pour les miens la souffrance

Et pour moi je crains la déchéance

Voyez- vous, je voulais parler de la terre

Par un drôle de détour, me voilà à parler du ciel

J’ai pris un raccourci, comme on y retourne

Mais oui, la terre qui nourrit mon âme

Et aussi, privilégiée que je suis, mon ventre

Et les effluves puissants de ses entrailles

Réveillent mes sens et ma joie de vivre